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La trahison dans Louise.
août 1st, 2011 by Théatre des lucioles

Lettre de Leslie Kaplan
après une répétition de « Louise, elle est folle »
février 2011

à propos de la trahison
dans « Louise, elle est folle »

Repensant : cette histoire de trahison, ce fil c’est : qu’est ce que c’est, parler ? tu m’entends ou pas ? et à la limite : tu ne m’entends pas, donc tu me trahis
la trahison, c’est : tu ne veux pas m’écouter, m’entendre
j’ai beau parler… ça ne sert à rien
donc, la trahison elle guette toujours la parole
la parole vide, ou la parole dogmatique, dans la certitude, ou la parole qui veut avoir le dernier mot : c’est la parole qui ne tient pas compte de l’autre et en ce sens elle trahit = elle trahit le propre de la parole qui est de s’adresser à un autre
la parole est toujours sur un fil, sur ce fil
= il peut toujours y avoir du mal-entendu, au sens strict : tu ne m’entends pas, tu ne veux pas m’entendre, tu ne peux pas m’entendre, etc
qui prend la parole s’expose, s’expose à un risque : le risque que l’autre ne l’entende pas
alors il peut aussi y avoir une stratégie qui est d’anticiper la non écoute, et donc de ne même pas s’adresser à l’autre, de parler soi-même sans attendre une réponse, de parler vide, de parler dogmatique, avec certitude, de parler pour en finir, pour avoir le dernier mot, etc
la possibilité de trahison est toujours là, tu peux toujours ne pas m’entendre, alors ça peut être déclenché sur Marcel, ou Edgar, ou quoi, la question c’est : la confiance, la « bonne foi » (c’est Lacan qui disait ça, mais bref) dans la parole de l’autre
si je pense que l’autre me ment nécessairement je ne peux pas parler
je prends le risque de croire à la bonne foi de l’autre…
donc les deux femmes sur le plateau, explorent le langage, ce qu’il y a dans le langage (jusqu’à Dieu…), explorent aussi ce que le langage nomme, la ville, le RER, « gagner », les cafards, mais reste avec la question : tu m’écoutes ou pas ? tu m’entends ou pas ?

La question de la parole, et de la trahison de la parole, existe aussi dans l’ensemble de la société : est ce qu’on a confiance dans ce que dit « le pouvoir », ou pas, comment il nous parle, vrai ou pas, vide ou pas, clichés ou pas, est qu’il nous prend pour des idiots ou pas, etc, est-ce qu’il nous écoute, est ce qu’on peut ou non parler, comment, etc…
L’oppression, le mensonge, ça dure, ça dure, jusqu’à ce que… la révolution, qui se déclenche sur un détail, qui arrive, comme ça, de façon imprévisible… mais qui part toujours du sentiment que le contrat de confiance, le contrat social, a été rompu…


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